[LOUIS XVI (Louis-Auguste, Dauphin)].

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[LOUIS XVI (Louis-Auguste, Dauphin)].

Maximes morales et politiques tirées de Télémaque imprimées par Louis-Auguste, Dauphin. Versailles, De l'Imprimerie de Mgr le Dauphin, dirigée par A. M. LOTTIN, Libraire & Imprimeur ordinaire de Monseigneur le Dauphin, 1766.

In-8 de 36, (ii) pp. Maroquin rouge postérieur (XIX° s.), dos lisse finement orné, titre doré, encadrement de filets dorées et rais-de-cœur à froid, pointillé doré sur les coupes, filet et pointillé doré sur les chasses, sous étui en maroquin long grain brun foncé, un côté façon dos lisse au titre doré, double encadrement de filets dorés avec fleurs de lys en écoinçons et armes de France au centre des plats. (Petits frottés au dos et aux coupes du livre, coupure sur un plat de l'étui.)


Très bel exemplaire de ce PRECIEUX ET RARISSIME OUVRAGE composé en mars 1766 par le Dauphin âgé seulement de douze ans, futur Louis XVI, assisté de ses frères le comte de Provence et le comte d'Artois, imprimé sur les presses royales sous la direction d'Augustin-Martin Lottin (nommé imprimeur ordinaire du Dauphin le 30 décembre 1765) et tiré uniquement à 25 exemplaires.


Il est enrichi de :
- une NOTE AUTOGRAPHE de Louis XVI, slnd, 2 pp. in-16, intéressant document concernant le Service quotidien des Grands Appartements à Versailles : "A compter du 1er Janvier prochain, tous les comptes de (?), Gerard, (?), Richard &c. seront rendus à Thierry ce sera lui qui les examinera et me les apportera il payera aussi toutes les dépenses tous les mois comme par le passé. Il aura aussi à payer la dépense de Richard etc. de Barbier de Trianon et les traites de l'equipage du Daim que Guimard payoit. Voisin et Garnier s'adresseront aussi à lui à la fin de chaque quartier pour le payement de leurs depenses. Fleury me servira a table comme faisoit Guimard et donnera mes ordres pour les soupers et diners ordinaires. S'il étoit malade le 1er garçon du château apres lui le remplacera et de suite les autres. Ce sera lui qui delivera les billets au M[archan]d de Vin dont il rendra compte a Thierry. Si quelqu'un avoit une depense extraordinaire a faire il s'adressera à Thierry pour y estre autorisé. Burcy(?) restera chargé comme par le passé de tout ce qui regarde les ouvriers et le nettoyage. Il gardera aussi la clef de la cave ou sont les vins de liqueurs et mon vin d'ordinaire dont il rendra compte à Thierry."

- Une note autographe de M. de Saint-Maigrin (fils du Duc de la Vauguyon, Gouverneur du Dauphin), 1 p. in-12 relatant une anecdote concernant cet ouvrage : "Sitot que le Dauphin (aujourd'hui régnant[biffé]) eut achevé l'impression de ce petit volume, il en fit relier plusieurs exemplaires pour faire ses presens. Le premier fut pour Louis XV son ayeul. Sa Majesté ouvrant le volume a la page 15 lut l'article IX, le relut et dit au Dauphin : 'Monsieur le Dauphin votre ouvrage est fini, rompés la planche.' Cette anecdote a été rapportée par un temoin auriculaire…"

- Une note autographe signée de Charles NODIER à l'encre violette, 1 p. in-16 : "Il est bien douteux qu'il existe d'un livre aussi rare que celui-ci un autre exemplaire broché ; mais ce qui en augmente surtout la valeur, c'est la note autographe de Mr de St Mégrin (…) Les mots 'aujourd'hui régnant' qui ont été soigneusement effacés par le second propriétaire au temps de la révolution marquent d'ailleurs que cette anecdote est antérieure à cette époque (…) On voit par l'exemplaire de M. de Pixérecour qu'elle a été vaguement connue de Lottin, mais il y manquait précisément la désignation de la page et de l'article, et c'est ce qui en fait une des particularités les plus remarquables de l'histoire contemporaine."

- Un portrait gravé du Dauphin Louis Auguste de France et un portrait de Louis XVI gravé par Le Mire d'après Duplessis.

Le Père Berthier, adjoint du Duc de La Vauguyon gouverneur du Dauphin pour la morale et le droit public, demande au jeune garçon de rédiger 18 maximes inspirées des Aventures de Télémaque de Fénelon, l'encourageant par là-même à développer ses capacités de réflexion personnelle et de libre examen. Louis Auguste livre un travail réfléchi insistant sur le libre commerce, la récompense des citoyens et l'exemplarité morale que le Roi doit incarner. Particulièrement satisfait du travail de son illustre élève, La Vauguyon lui offre la possibilité d'en imprimer 25 exemplaires et d'en offrir un au roi. Mais la fierté du jeune prince est vite éteinte par la sévère sentence de son grand-père (relatée par la note du Saint-Mégrin), peut-être quelque peu contrarié par les différentes réflexions sur la morale et la vertu et notamment le fameux article IX : "Quand les Rois ont une fois rompu la barrière de la bonne-foi & de l'honneur, ils ne peuvent plus rétablir la confiance qui leur est si nécessaire, ni ramener aux principes de vertu & de justice les hommes à qui ils ont appris à les mépriser". La suite de cet article n'en est que plus saisissante, au regard des troubles que devra affronter le futur Louis XVI : "ils deviennent des Tyrans, leurs Sujets des rebelles, & il n'y a plus qu'une révolution soudaine qui puisse ramener leur puissance ainsi débordée, dans son cours naturel."


Ancienne collection Yemeniz (vente mai 1867), n°559. Aucun exemplaire connu de cette édition originale à la BNF ou au CCFr (1 ex. conservé à la bibliothèque du Château de Versailles) ; seuls 2 exemplaires connus en collection publique dans le reste du monde (à New York - Morgan Library - et à Londres - British Library). (Brunet, II, 1218-1219.)
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