Fatmah BAYA (Bordj El-Kiffan 1931-Blida...

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Fatmah BAYA (Bordj El-Kiffan 1931-Blida...

Fatmah BAYA

(Bordj El-Kiffan 1931-Blida 1998)

Femmes et enfant emmailloté

Gouache et crayon sur papier, contrecollé sur

carton.

100 x 100 cm

Signé et daté 87 en bas au milieu à droite

Baya a eu un destin hors normes, une

vie de femme entrecoupée de rencontres

surprenantes et de ruptures successives,

à travers lesquelles elle devient artiste peintre.

Autodidacte, elle restera toujours fidèle à sa

propre sensibilité esthétique, rejetant toutes

les formes d’adhésion à toute association

de mouvement artistique ; ni le surréalisme ni

l’art naïf ne pouvaient la contenir, elle voulait

rester seule - intacte. Indépendante et libre,

sa peinture apporte la couleur et la voracité

d’une vie prolifique, attachée à la lumière

de Blida qui l’accompagna tout au long de sa

vie.

En dépit de son très jeune âge (13 ans), elle

dessine, peint, sculpte des paons bariolés,

des femmes fées ou des fleurs, des oiseaux

multicolores qui voisinent avec les raïtas,

les harpes et les guitares de la fête. «A

ceux qui, refusant les oeillères rationalistes,

croient, envers et contre tout, à la délivrance

du monde et, pour en faire une réalité, aspirent

à retrouver, où qu’elles soient, la fraîcheur

de l’inspiration et la hardiesse de conception

qu’elle entraîne, il est donné, par l’enfant

qu’est Baya, de se pencher sur ce double

creuset», écrivait André Breton en 1947, fasciné

qu’il était par le travail intuitif de ce peintre

enfant, sans doute le peintre le plus créatif

de l’art contemporain algérien. C’était lors

de la première exposition de Baya, à la galerie

Maeght à Paris. Le succès est sans conteste.

Edmonde Charles-Roux, rédactrice à Vogue,

envoyée couvrir l’événement, se souvient :

«Baya faisait corps avec son oeuvre. Elle

m’apparaissait comme personnage mythique,

mi-fille, mi-oiseau, échappée de l’une de ses

gouaches ou de l’un de ces contes dont elle

avait le secret et qui lui venait on ne savait

d’où. sa peinture ne doit rien à l’Occident.

Dans sa prodigieuse faculté d’invention, n’entre

aucune culture. Son sens inné des couleurs

trouve sa source au fond des âges.» Mais Baya

va mûrir, tout en continuant à imaginer monde

fabuleux peuplé de monstres fantastiques

figés dans la cire et de filles fleurs éclatantes,

de femmes oiseaux voluptueuses, magnifiées

sur le papier par la couleur dans des décors

oniriques. Elle peint sans modèle, tout

à l’intuition, en puisant spontanément son

inspiration dans l’art populaire et le conte

oriental. Remarquée par Matisse, et surtout

par Picasso, elle part en 1948 à Vallauris

travailler avec lui. En 1953, elle rentre en

Algérie. Durant toute la période de la Guerre

d’Algérie, elle cesse son activité artistique

avant de la reprendre en 1963.

Les contes de fées et l’imagination de son

enfance ont propulsé ses esprits créatifs

qui sont si apparents dans les formes et les

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couleurs de toutes ses oeuvres. Fécondité

et nature luxuriante à travers les femmes,

fleurs, poissons, papillons et oiseaux se

réunissent dans des compositions mélodieuses.

Le dessein fulgurant reste pudique, mais les

couleurs sont toujours éclatantes, presque

saturées. Baya est artiste sans prétexte.

Ses oeuvres sont fidèles à sa vie et, si elle a

emprunté à des expériences variées et à des

styles artistiques divers, elle a développé une

esthétique unique.

Ses oeuvres se trouvent dans plusieurs

collections publiques, du Musée national des

beaux-arts d’Alger, du Musée d’art moderne

de Paris, du musée Cantini de Marseille,

du Musée d’art brut de Lausanne…
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