Hymnaire charagan 1585 Hymnaire charagan,...

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Hymnaire charagan 1585 Hymnaire charagan,...

Hymnaire charagan 1585 Hymnaire charagan, richement enluminé, sur papier. Khlat', 1585 Reliure de l'époque: plein veau brun estampé à froid; premier plat: Notre Seigneur sur la Croix, second plat: une sainte (la Vierge Marie ?). Composition: 387 ff. Texte écrit sur une colonne de 23/24 lignes par page, en arménien, à l'encre brune. Dimension du feuillet: 130 x 90 mm; justification: 100 x 55 mm Illumination: * onze enluminures pleine page: l'Annonciation - la Nativité - Jonas jeté à la mer & englouti par un poisson - la Résurrection de Lazare - l'Entrée du Christ à Jérusalem - l'ange montrant le Tombeau vide aux saintes Femmes - l'Ascension - la Pentecôte - le Baptême du Christ - la Transfiguration - la Dormition de la Vierge. * deux miniatures illustrant la bataille d'Avarair (451): à gauche l'armée des Perses montée sur des éléphants et à terre des cadavres; à droite l'armée arménienne; au premier plan à cheval, Vartan Mamikonian tenant la croix dans la main droite et dans la main gauche son épée; des nobles arméniens armés escortent à cheval; en dessous le quatrain célèbre composé par Nersès Chnorali, dédié aux héros de la célèbre bataille. Divisé depuis l'an 387 en deux souverainetés (Byzance & la Perse), le royaume d'Arménie était resté chrétien. En 449, le roi sassanide perse voulut contraindre les Arméniens à apostasier & à adopter le zoroastrisme. Une assemblée du peuple, de la noblesse & du clergé se réunit sous la présidence du catholicos Hosvep de Holotsim, et envoya au roi une résolution exprimant à la fois l'attachement infrangible des Arméniens à la Foi chrétienne, et leur soumission politique. Le roi envoya une armée pour mater les Arméniens. Résolu à demeurer chrétien, le peuple entier (paysans & nobles) se souleva, congrégea une armée de plus de soixante mille hommes, et, après avoir assisté à la sainte Messe, se porta au combat contre l'armée perse qui était bien plus nombreuse & manoeuvrait sur des éléphants de guerre. L'armée arménienne fut vaincue, bien qu'elle eût infligé de cruelles pertes à l'armée persane. Mais le but était atteint, car le roi renonça à contraindre les Arméniens à apostasier. Depuis lors, chaque année, au mois de février, les Arméniens célèbrent la « fête de Vardan » pour commémorer leur Foi sauvée. * dans les marges, plusieurs personnages enluminés: une Annonciation - un Ange - le Christ bénissant - une sainte Femme - un Roi - un autre Roi - Jonas englouti par le poisson - un saint portant le pallium patriarchal - une sainte Reine - un cerf - etc. * nombreuses lettrines & ornements marginaux d'inspiration végétale ou en forme d'oiseaux et de saints personnages. Quatre frontispices et plusieurs cartouches enluminées. Cet hymnaire fut écrit par le calligraphe Nersès, moine du couvent de la Bague (Modnévank), sur l'ordre de l'Archevêque Magar, durant la domination ottomane du Sultan Mourad III. L'illumination de ce manuscrit est attribuable à Mardiros, dont l'iconographie & le style suivent la tradition de l'école de Sarkis Pitsak, le grand peintre arménien du XIVe siècle. L'intéressante dédicace, de la fin de l'ouvrage, fait mention que ce manuscrit a été écrit en 1585 à une « époque amère et mauvaise, car nous les Arméniens avons été livrés aux mains des musulmans étrangers » ... « ceux qui n'étaient pas soumis, ils les tuèrent sans pitié avec leurs armées, et ils en firent fuir certains, et mirent au pillage et butin leur terre et territoires. Ils tuèrent les hommes par l'épée et emmenèrent captifs les femmes et les enfants. Ils firent encore de nombreux maux aux Arméniens et aux Turcs. Ils amenaient des femmes enceintes et leur ouvraient le ventre et prenaient les enfants de leur ventre, ils les frappaient de la pointe des lances; et l'enfant de certaines avec leur berceau, ils les jetaient dans un four brulant; et d'autres frappaient la mère d'une épée pour que le sang coule, et ils jetaient l'enfant sur le sein de la mère, et l'enfant mangeait ensemble le lait et le sang. Et ils accomplissaient bien d'autres dommages. Cela fait sept ans encore ! La fin, Dieu seul (la) connait. En ces jours d'amertume, ce (manuscrit) a été achevé en souvenir de l'Archevêque Makar. » (Traduction de M.B. Outier, du CNRS). Un autre manuscrit du peintre & enlumineur Mardiros est connu et conservé: il s'agit d'un livre de cantiques, daté 1575 qui se trouve à la Bibliothèque Saint Thoros du Patriarcat Arménien de Jérusalem (Ms 135). Quelques mouillures et usures. beau, rare & émouvant manuscrit enluminé témoin de la lutte séculaire des Arméniens pour garder la foi chrétienne
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