ATELIERS D'ARTISTES

mercredi 15 avril 2015 14:00
SALLE V.V. 3, rue Rossini, quartier Drouot - 75009 Paris
Informations sur la vente

Au sein de notre étude, il est une tradition : celle d’apporter notre soutien aux artistes dont l’œuvre nous touche particulièrement. Pendant près de cinquante années, Maître Claude ROBERT, commissaire-priseur associé, a organisé la vente des fonds d’ateliers d’artistes. En 1975, c’est ce département qui met en lumière l’œuvre de Léon Tutundjian. En 1983, c’est l’œuvre d’Henri Lebasque qui est présentée. Plus récemment, les œuvres de Lucien Coutaud, de Roger Bezombes, et d’Edmond Heuzé, pour ne citer qu’eux, ont été mises à l’honneur. Nous poursuivons cette tradition qu’il nous a transmise, attachés à reprendre ce noble flambeau.

Expositions publiques :
Mardi 14 avril 2015, de 11h à 18h
Mercredi 15 avril 2015, de 11h à 12h

Contact étude
Lucina Savelli
+33 (0)1 47 27 76 72
artmoderne@millon-associes.com

AKOS BIRO
AKOS BIRO est né le 9 avril 1911 à Nagykaroly, Hongrie (Carei, Roumanie, depuis 1919). Ses parents sont de la petite noblesse, et commerçants en textile.
Dès son enfance il est attiré par la peinture de façon sensuelle, longtemps  il se rappellera l’odeur de la boîte de peinture, que lui a offert son oncle à l’âge de cinq ans et de ses crayons à dessin qui sentaient bon le bois de cèdre. Plus tard, l’odeur de la peinture qui règne dans les ateliers de ses maîtres, le met toujours en émoi.
Vers l’âge de dix ans, il commence à copier avec ses crayons de couleur des reproductions de petits maîtres. Si sa ville natale n’était pas intéressante sur le plan artistique, les villages environnants étaient riches en folklore. Villages hongrois, roumains, souabes, et tziganes avaient chacun leur caractère, leurs fêtes et leurs couleurs où il pouvait s’imprégner des richesses de l’art populaire. Le souvenir des fêtes, musiques, danses, vendanges, voyages en carrosse vers les grandes maisons de campagne, entourés de parcs ; les étangs riches en oiseaux aquatiques, les buffles, vaches, et chevaux montés à cru, ont enrichi la mémoire du futur peintre. A l’âge de treize ans, une rupture éprouvante intervient dans sa vie, ses parents quittent la Transylvanie devenue roumaine pour se réinstaller à Debrecen, grande ville protestante de la Plaine Hongroise. Du milieu chaleureux et coloré de la Transylvanie, il passe à un milieu hautain et froid, dans un grand lycée moderne protestant. Il y fréquente l’atelier de dessin où il travail d’après des plâtres. Au cours de son l’année de son baccalauréat qu’il passe à Békéscsaba la rencontre avec son professeur de dessin renforce de manière décisive sa vocation et son désir de devenir peintre.  Son admiration et son respect vont vers l’homme et le maître dont l’amour du métier et le dévouement s’appliquent à former non seulement le sens artistique mais aussi la réflexion et le sens moral de ses élèves.
            Vient ensuite l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Budapest, où il est élève de Gyula Rudnay, peintre assez traditionnel mais profond, reflétant dans sa peinture le climat social hongrois tragiquement dégradé de l’époque. Maître très apprécié, dont le style le marquera pour des années. Pour sa troisième année, il reçoit une bourse pour être pensionnaire du palais Falconieri et il travaille à l’Ecole des Beaux-Arts de Rome. Après sept semaines merveilleuses à Capri, il retourne en Hongrie où il expose à Csikszereda et à Békéscsaba, puis décide d’aller à Paris, en avril 1935. Années de misère mais riches d’expériences où il survit en dessinant sur les terrasses de La Coupole, du Dôme, de La Rotonde.
            Début 1937 il se marie avec Ida Schéda, il fait les cafés et les foires des villes de provinces et en fin de compte, gagne suffisamment pour pouvoir se remettre à peindre et faire une exposition à Rennes et à Dinard. En 1939 il est à Biarritz où il travaille jusqu’en 1940 puis retourne à Paris et en Hongrie. A Budapest il s’installe dans un bel atelier, se lie avec le milieu artistique et intellectuel hongrois et expose plusieurs fois au Musée National.
            En 1944 entrée des troupes allemandes. En mars 1945 l’Armée Rouge entre en Hongrie. Le siège de Budapest dure sept semaines. Une bombe tombe sur son logement, mais la famille reste indemne. En octobre 1947 il décide de repartir à Paris, laissant femme et enfant, avec l’idée de les faire venir plus tard, mais la vie en décide autrement.
            Redémarrage difficile, avec quelques francs en poche. Pour vivre, il dessine dans les boîtes de nuit, devient modéliste en chaussure et loue enfin un atelier à Montparnasse, où il travaille avec sérieux à une production déjà beaucoup plus mûre.
            En 1949 il descend dans le midi à Marseille. A l’occasion d’une commande de portrait il tombe amoureux de la Provence et loue une chambre chez la famille Bertrand, à La Colette, à Mougins. Il y reviendra de plus en plus souvent et s’y installera définitivement au début des années 1970. Séduit par les couleurs de la Provence, elles prendront de plus en plus d’importance dans sa peinture. Pendant longtemps, il reste un figuratif puis vers les années 50 il prend de plus en plus de liberté avec le sujet, se détache de la vérité naturelle et commence une longue lutte pour se libérer du carcan académique. Il explore différentes techniques d’expression et se soumet de plus en plus aux pulsions de son inconscient, le sujet ne servant qu’à induire l’inspiration. Chaque jour est différent et il comprend difficilement les artistes qui disent avoir trouvé leur chemin, leur style, en se répétant et se copiant eux même. Il passe par de nombreuses expériences, des périodes plus ou moins longues, qui sont toutes différentes.
            Il raconte, que dans son atelier de Montparnasse, occupé avant lui par de nombreux peintres, il sentait son travail facilité par ceux qui l’ont précédé. Il en fut de même dans son grand atelier de Montmartre, qui avait été le lieu de travail d’un peintre connu et de son école. Il explique aussi à quel point il avait été envahi par le sentiment d’une très forte vibration création en entrant dans l’atelier de Cézanne à Aix-en-Provence, lequel pourtant était vide. Il sentait d’immenses possibilités de renouvellement, et c’est l’angoisse devant cette immensité qui le poussait toujours plus loin. Il aimait l’expression latine : « Tempora mutantur et nos mutamus in illis. » - Les époques changent et nous changeons avec elles. – Pour Akos Biro la recherche ne semblait jamais devoir s’arrêter, car pour lui, jamais rien n’était définitif et le nouveau était toujours là, où la porte s’ouvrait sur aujourd’hui.
            Sa recherche spirituelle l’amène à rencontrer Lanza del Vasto, disciple de Gandhi et fondateur de la communauté de l’Arche, qu’il fréquentera longtemps. Il fournira une documentation importante sur Gandhi au dramaturge hongrois, Németh Laszlo pour son drame « Gandhi » à la fin des années 60. Il rencontre aussi Gitta Mallasz, l’auteur des « Dialogues avec l’Ange » et entretient avec elle une courte relation épistolaire.
            Akos Biro a également pratiqué l’art du portrait, à travers l’Europe, les U.S.A., le Canada, le Proche-Orient et l’Inde. Il a connu de nombreuses personnalités des milieux industriels, militaires et politiques qui ont enrichi leurs collections avec ses tableaux et portraits. Cependant il n’a jamais cherché à se bâtir une carrière, car elle l’aurait rendu dépendant d’elle, l’aurait fait tomber dans le piège de la course à l’argent et lui aurait pris son âme. « J’aurais certainement vécu une vie honteuse si j’avais fait carrière » confiait-il à son fils.
            Il a vécu indépendant jusqu’à l’âge de 90 ans dans son pied à terre de Mougins.

Lucienne BERTHON
Mon approche de la peinture est intuitive et libre, elle n’a ni programme, ni projets particuliers. Chaque toile est une nouvelle aventure, un nouveau cheminement. Vivre la peinture comme une pratique expérimentale. Risquer l’échappée belle dans le monde du « deçà » pour réveiller la présence. Savoir se laisser surprendre, approcher quelque chose, arrêter le temps d’une griffure, d’un accident sur la toile, s’abandonner à l’ivresse de la trace, du trait, à l’infini du signe. Seule compte la peinture, la « bonne toile » est tellement le résultat de mille hasards…Une question de circonstance, d’instant, de rencontres. Elle dépend aussi de la température de l’air, du mélange de l’eau et des pigments, de l’usure des brosses et des pinceaux …
Un seul but : appréhender la présence de soi au monde. L’abstraction à cette capacité à faire entrevoir dans l’instant des « danses intérieures » loin de la représentation. »
 
MILLON DROUOT
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