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Henri Bremond

Histoire littéraire du sentiment religieux en France

Edition intégrale et augmentée sous la direction de François Trémolières
2-84137-188-3 - 4700 p. - 5 volumes reliés sous coffret - 2006 - 250 €

Prix de lancement du 29 mars au 31 octobre 2006 : 200 €

Table analytique


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Volume I

 

Note de l'éditeur

 

Émile Goichot, Henri Bremond : un historien de la faim de Dieu

Sophie Houdard, Humanisme dévot et «histoire littéraire»

Du projet à l'édition du colosse

La littérature selon la «méthode» de Bremond

L'invention de l'humanisme dévot

Le «goût chrétien», premier stade de l'Échelle mystique

Un xviie siècle «moderne»

Pour en finir avec l'humanisme dévot

 

TOME I

L'Humanisme dévot

Avant-propos

Objet, sources, méthodes et divisions

 

PREMIÈRE PARTIE

SAINT FRANÇOIS DE SALES, LES ORIGINES ET LES TENDANCES DE L'HUMANISME DÉVOT

 

CHAPITRE PREMIER

DE L'HUMANISME CHRÉTIEN À L'HUMANISME DÉVOT

 

I. L'humanisme dévot, être de raison qui représente pour nous les tendances communes, les directions principales de la littérature religieuse pendant la première moitié du xviie siècle

II. Qualités et défauts des humanistes. — Qu'il ne faut pas les juger sur quelques enfantillages. — Particularités de l'humanisme au temps de la Renaissance. — Le lettré du Moyen âge et le lettré d'aujourd'hui. — Térence et Shakespeare. — How beauteous mankind is!

III. Que l'humanisme de la Renaissance est une culture morale et une philosophie. — Glorification plus ou moins enthousiaste de la nature humaine

IV. Chaque humaniste adapte à sa propre conception religieuse l'esprit de l'humanisme. — Humanisme naturaliste et humanisme chrétien. — L'Église et l'humanisme chrétien. — Adversaires de l'humanisme; les Occamistes. — Le cardinal Morone et Salmeron. — Que la plupart des théologiens des xve et xvie siècles sont des humanistes. — Les jésuites et l'humanisme

V. L'humanisme dévot, moins spéculatif, plus pratique et plus populaire que l'humanisme chrétien

 

CHAPITRE II

LOUIS RICHEOME (1544-1625)

 

I. La littérature pieuse en France avant l'Introduction à la vie dévote. — Importance de Richeome parmi les autres précurseurs de François de Sales. — Sa naissance et son éducation. — Jean Maldonat. — L'imago primi sæculi. — Carrière de Richeome

II. Œuvres polémiques. — La Compagnie de Jésus et ses adversaires. — Richeome, les jésuites et le siège de Henri IV

III. Les dauphins du Catéchisme royal. — Caractère littéraire et attrayant des ouvrages spirituels de Richeome. — La Peinture spirituelle,Promenade pittoresque autour d'un couvent. — Le roman de Lazare. — L'esprit d'enfance

IV. Les images religieuses. — Tableaux et estampes de saint André au Quirinal. — Richeome et ses illustrateurs. — Les Tableaux sacrés. — Le cheval d'Abraham. — L'ange d'Élie

V. Plaisir et piété — Esprit d'émerveillement et de joie. — Les merveilles des jardins. — Le glaïeul et le lys. — L'arche de Noé. — Le cœur des bêtes. — Bataille d'abeilles. — La «lézarde» et le singe

VI. Richeome moraliste. — Clairvoyance et bienveillance. — L'humour de Richeome. — Orgueil des théologiens. — Vanité des habits. — Le banquet burlesque

VII. Optimisme chrétien. — Beauté de l'homme. — Le visage et les mains. — Hymne au franc-arbitre. — Excellence du désir de la gloire. — La concupiscence. — Richeome et Bossuet. — L'appareil de l'âme au combat. — L'adieu de l'âme laissant le corps

VIII. Richeome écrivain. — Diversité de ses dons. — Son ars dicendi. — Son amour pour tous les mots de la langue. — Richesse de son lexique. — Fascination du détail. — Richeome et le génie de François de Sales

 

CHAPITRE III

FRANÇOIS DE SALES

 

I. Les rides de Philothée. — Sa gloire est d'avoir vieilli, de paraître vieille. — Hardiesse, nouveauté, importance de l'Introduction à la vie dévote. — François de Sales, la Renaissance et l'humanisme dévot

II. François de Sales humaniste. — Son humanité. — Simplicité et complexité. — Cordialité et faiblesse. — La sensibilité pieuse. — Contemplation des mystères. — Deux processions. — Indépendance de cœur. — Le dédoublement. — Activité et souplesse d'assimilation

III. Les scrupules de sa jeunesse. — Le premier séjour à Paris. — Le gouverneur. — La grande tentation. — La Vierge Noire de Saint‑Étienne‑du‑Grès. — Complications théologiques de la crise. — Conséquences de la victoire. — Adieux au thomisme

IV. Padoue, Annecy, le Chablais. — Mission diplomatique à Paris en 1602 — Son importance dans le développement du saint. — Il prend le ton. — Retour aux classiques. — La cité des saints. — François de Sales et les mystiques parisiens. — Effacement et observation. — L'épanouissement final et les premières lettres de direction

V. L'esprit de François de Sales. — Exigences de sa direction. — Mort de l'amour‑propre. — «Le plus mortifiant de tous les saints». — Si la douceur de son esprit est purement de surface? — Suavité envers le prochain, envers Dieu, envers soi‑même. — Guerre à toutes les formes de l'inquiétude. — Les diversions. — L'esprit de joie

VI. Théologie et philosophie. La pensée salésienne et ses caractères. — Fondement dogmatique et expérimental de son optimisme. — «L'inclination naturelle à aimer Dieu par‑dessus tout». — L'aube de l'amour divin chez un infidèle. — Talisman contre l'obsession pessimiste: la distinction entre les deux parties de l'âme. — François de Sales et les moralistes du grand siècle. — La liberté des âmes. — Unité et solidité du système salésien. — François de Sales et la civilisation catholique

 

CHAPITRE IV

LES MAÎTRES SALÉSIENS. — I. ÉTIENNE BINET

 

I. Influence de François de Sales. — Prompte popularité de son culte. — S'il a été beaucoup lu? — Pluie de livres et courants nouveaux. — Il règne encore. — Ses deux interprètes. — Binet et Camus, les deux maîtres salésiens. — Importance d'Étienne Binet

II. Trivialité précieuse et rhétorique. — Bienheureux les aveugles, bienheureux les sourds! — Prouesses verbales. — La garde‑robe. — La femme. — Grossièretés. — L'éloquence de Binet. — Gemmes et viandes. — Urbanité et mysticisme

III. L'imagination pieuse de Binet. — Figures eucharistiques. — Le drame d'Isaac. — Cléopâtre, Artémise et l'Eucharistie. — Puérilités. — Pâmoisons

IV. Binet continuateur authentique de François de Sales. — La dévotion des malades. — Le dévot fainéant. — La miséricorde de Dieu

V. La politique sacrée. — «Quel est le meilleur gouvernement, le rigoureux ou le doux?». — Les despotes de couvent. — Le style des anges. — La tendresse du pape Grégoire. — Binet et l'humanisme dévot

 

CHAPITRE V

LES MAÎTRES SALÉSIENS. — II. — JEAN‑PIERRE CAMUS

 

I. Le sérieux de Camus. — Son mérite et ses travers. — Le roman de sa jeunesse et l'innocence des premières amours. — Sa vocation. — Ses études théologiques. — Premiers ouvrages. — Belley, Aunay, Rouen, — Dernières années de Camus

II. Camus et ses campagnes contre les moines. — Le P. Sauvage et le Projet de Bourgfontaine. — Si Camus a été janséniste? — Les treize panégyriques de saint Ignace. — Défense des jésuites. — Luttes contre Arnauld. — Le molinisme de Camus

III. Camus et François de Sales. — Les commencements de leur amitié. — Contrastes entre les deux évêques. — Hero‑ worship de Camus. — Intimité croissante. — Formation de Camus par François de Sales. — Du sérieux de cette amitié. — François de Sales n'a pas à en rougir. — L'Esprit du B. François de Sales

IV. Camus et la propagande salésienne. — Ses livres et livrets spirituels. — Le sérieux et l'importance de cette œuvre. — Camus directeur de conscience. — Prière à Dieu pour une âme tentée. — Camus et la Bible. — Le mariage de Zéphire et de Flore. — Les spéculations théologiques de Camus. — Un Nicole moliniste. — L'esprit de système. — Le prétendu quiétisme de Camus. — Joinville et le pur amour. — Le triomphe de Caritée

 

 

seconde partiE

PROGRÈS ET MANIFESTATIONS DIVERSES DE L'HUMANISME DÉVOT

 

CHAPITRE PREMIER

IN HYMNIS ET CANTICIS

 

I. Printemps de la dévotion. — Attardés et égarés. — Le culte des poètes. — Citations poétiques. — Garasse et la poésie française. — Les derniers défenseurs de Ronsard

II. Le sacré et le profane. — L'humanisme dévot et les poètes païens. — Richesses de l'Égypte. — Richeome, Binet et les larcins poétiques de l'antiquité. — Le mythe d'Hermaphrodite et la réunion des églises

III. Les poètes chrétiens. — «Les muses françaises… bientôt toutes chrétiennes». — Martial de Brives et son cantique des créatures

IV. Les cantiques populaires. — Le Parnasse séraphique. — Propagande précieuse et pieuse. — Paul de Barry. — Lazare de Selve. — Les miracles de sainte Fare

V. Les cantiques mystiques. — Le P. Surin et Béranger. — Le dénuement, l'abandon, la quiétude. — Les cantiques de Surin et la controverse du quiétisme. — Les cantiques et l'extase. — Sainte Chantal

 

CHAPITRE II

LES HAUTES ÉTUDES RELIGIEUSES

 

I. Des œuvres dévotes de ce temps‑là qui par leurs mérites d'ordre scientifique ou littéraire appartiennent à la littérature universelle. — De la division du travail qui fera plus tard de la littérature dévote une littérature séparée. — L'humanisme dévot hostile, par définition, à cette séparation des genres. — Ignorance prétendue du clergé français au début du xviie siècle. — Les livres qui se lisaient alors. — Prestige, valeur et rayonnement de la Sorbonne. — L'humanisme dévot et la scolastique. — Il lui apprend le beau langage et il l'attendrit. — François de Sales et une Somme de théologie. — Renaissance théologique et renaissance mystique. — Les œuvres de haute vulgarisation religieuse. — Quelques noms

II. Le programme de la réforme bénédictine. — Travail intellectuel et oraison mentale. — Le «hanap» de la dévotion et le «portail de la retraite des Muses». — Dom Laurent Bénard et ses Parénèses. — Causes morales de la décadence bénédictine. — L'Abbé désarmant les jeunes moines «de lettres et de vertus». — Que l'Abbé doit être savant. — Le prophète Balaam. — Les ignorants jaloux et les dangers prétendus de la science. — Panégyrique de «l'homme docte». — «Jamais un grand savant homme n'est bas de cœur». — Que l'Abbé doit être éloquent

III. L'histoire de l'Église. — Prestige et action de Baronius. — La table chronographique de Gaultier. — Dom Laurent Bénard et l'Église des Pères, — et les moines du moyen âge. — Histoire intime de l'Église. — Le cyclope de Péronne

 

CHAPITRE III

LA VIE DES SAINTS

 

I. Nombre et variété des vies de saints publiées de 1600 à 1670. — Deux groupes très distincts, les vies des saints d'autrefois, celles des contemporains. — La légende et l'esprit critique. — Sainte Brigitte d'Irlande. — Sainte Fare et son biographe. — Sur un épi de blé. — Imagination et fantaisie. — Cortade et les martyrs d'Agen. — Les saints au village. — Professions et métiers. — Influence de ces livres. — La communion des saints

II. Biographie des saints du xviie siècle. — Un genre nouveau. — Résistance des anciens Ordres. — Probité et mérites littéraires des biographes. — Le goût du détail concret et du document. Curiosité psychologique. — Vues synthétiques. — Le P. Amelote. — L'exil des mystiques et la fin de la grande école hagiographique. — Le P. Bouhours

 

CHAPITRE IV

LES ENCYCLOPÉDISTES DÉVOTS

 

I. L'encyclopédisme avant l'Encyclopédie. — La passion de tout connaître. — Moyen âge, Renaissance, première moitié du xviie siècle. — Les écrivains dévots et la vulgarisation encyclopédique. — L'essai des merveilles de Binet. — Modernité et caractère «objectif» de l'ouvrage. — Tableau de la France et de Paris en 1620. — L'encyclopédisme annexé à la rhétorique. — «Richesses d'éloquence» dans les glos-saires et lexiques spéciaux. — Morceaux de bravoure

II. Curiosité et vie dévote. — Nos auteurs passent outre à ces antinomies apparentes et propagent l'esprit de curiosité dans les milieux pieux. — Le P. Lion. — François Chevillard et son Petit‑Tout. — L'Encyclopédie dialoguée. — L'éléphant. — La leçon d'anatomie. — Condren et la pierre philosophale. — De l'humanisme encyclopédique au mysticisme

 

CHAPITRE V

LE ROMAN DÉVOT

 

I. Charles Perrault et Camus. — L'art de conter. — Le départ d'un cadet de Gascogne. — Virgile. — Rigault et Sainte‑Beuve. Il n'est pas vrai que rien des romans de Camus «n'a jamais eu vie»

II. Camus écrit ses romans, avant tout, pour le plaisir du lecteur. — Et pour le sien propre. — Que ceux qui «ne sont bons qu'à l'Église» ne doivent ni ne peuvent écrire de romans. — Camus et les mœurs des divers pays. — Son Espagne. — Son Italie. — Les dames de Gênes. — La contrainte italienne et la liberté française. — Nos provinces: Normandie; Gascogne. — Le prêtre et le parisien. — La chaste Suzanne. — La piété dans les romans de Camus. — Deux parisiennes sous la pluie. — Les ressorts mystiques. — Les citations poétiques

III. Les romans de Camus sont des «méditations historiques». — Il n'invente presque rien. — Un Tallemant ingénu. — La Pieuse Julie et la baronne de Veuilly

IV. Les morales des romans de Camus. — Peintures et critiques des mœurs du temps. — Indulgence foncière de l'évêque-romancier. — Des amourettes. — L'amour naissant. — L'amour honnête. — Palombe. — Théorie platonicienne de l'amour. — Innocence des romans de Camus

 

CHAPITRE VI

LE RIRE ET LES JEUX

 

I. La vertu d'eutrapélie et le rire. — Le Démocrite chrétien. — Étienne Binet et la dévotion en belle humeur. — La consolation et réjouissance pour les malades. — La goutte. — Médecine et médecins. — L'imagination et les maladies. — Cure par le rire. — Symbolismes médicaux

II. Les jeux de la plume. — L'écriture artiste. — Les vers latins. — Les Lusus allegorici du P. Sautel. — Les mouches. — Marche funèbre d'une puce

III. Emblèmes et allégories

 

CHAPITRE VII

RECUEILLEMENT, VIE INTÉRIEURE

 

I. Les médiocres: saugrenus, bavards. — L'humanisme dévot n'est pas responsable de ces misères. — Il a ses défauts pourtant. — L'excès de douceur, «la voie de lait et de roses». — Sucreries dévotes. — Sérieux, dignité dé la littérature dévote avant Port‑Royal

II. Le recueillement des humanistes dévots. — L'ermitage d'amour de Desportes et ses transpositions soi‑disant pieuses. — Trellon et sa «muse guerrière» au désert. — Du goût de la solitude au temps de Louis XIII. — «La retraite d'Alcippe». — Les pèlerinages et le sentiment de la nature sauvage. — Nervèze et la solitude chrétienne. — Les «Entretiens solitaires.» — Dignité, familiarité sainte, optimisme de Brébeuf

III. Du peu de place que tient la contemplation des scènes évangéliques dans la prière de Brébeuf et de ses contemporains. — Et, au contraire, de l'importance que la première génération des humanistes dévots attache à cette contemplation. — Jean de la Cépède et ses théorèmes. — Souvenirs et symbolismes bibliques. — Tableaux animés de la Passion. — Qualité religieuse de la contemplation des mystères

 

CHAPITRE VIII

OPTIMISME CHRÉTIEN

 

I. L'humanisme dévot foncièrement optimiste. — Au confluent des deux optimismes, celui de la Renaissance et celui des mystiques, il fait la synthèse entre l'un et l'autre. — «Tous les biens de cette vie en attendant un autre monde meilleur». — Laurent de Paris et les litanies de l'homme. — L'honnête homme. — Les vertus naturelles. — Le P. Le Moyne et le «portrait du sauvage». — Le P. Hayneufve. — Éloge du temps présent. — Misères de cette époque. — «L'esprit purement et parfaitement chrétien ne s'est pas retiré de notre siècle»

II. Fondements théologiques de cet optimisme. — Les humanistes disciples des grands docteurs du xvie siècle. — Douceur et «précieux ajustements» de la grâce prévenante». — «Le tambour bat, mais la cloche sonne». — Condescendances de la grâce. — Félix culpa. — Le grand nombre des élus. — «Le consolateur des âmes scrupuleuses». — « Soit donc ton exercice d'avoir bonne opinion de moi». — Camus et les hardiesses de l'espérance chrétienne

III. De la dévotion aisée de Le Moyne et du vain tapage que l'on a fait autour de ce livre

 

CHAPITRE IX

VERS LE PUR AMOUR

 

Le beau et le bien. — La Diotime de Platon. — «La beauté jamais ne saoule.» — Panégyrique de l'amour humain par le général des feuillants — Friar Lawrence. — Vrai caractère de cette philosophie. — Loin d'être trop facile, elle nous veut saints. — Que l'humanisme conduit logiquement au mysticisme. — Contre l'amour mercenaire et contre la crainte. — Le culte de Marie‑Madeleine au xviie siècle. — Patronne des humanistes et des mystiques. — Raisons de ce culte. — Littérature magdaléenne. — Marie‑Madeleine et Marie de Valence

 

 

troisièmE PARTIE

YVES DE PARIS ET LA FIN DE L'HUMANISME DÉVOT

 

CHAPITRE PREMIER

L'HUMANISME DÉVOT CONTRE LE JANSÉNISME

 

I. De la Fréquente communion d'Arnauld et de la «révolution» que ce livre a déterminée «dans la manière d'entendre et de pratiquer la piété». — Des causes qui ont pu faciliter le succès de ce livre. — Défiance croissante à l'égard des humanistes dévots. — Accusations équivoques et mal fondées. — L'optimisme chrétien. — La vertu facile. — La morale des humanistes plus exigeante que celle de Port‑Royal.

II. Deux philosophies du christianisme. — Les humanistes dévots et la controverse janséniste. — François Bonal. — Sa manière. — Dangers de cette controverse. — La métaphysique irréelle de Jansénius. — Recours au sens chrétien des «simples» et à l'expérience intime. — Les lumières de la spéculation et celles de la vie. — Anti‑jansénisme des spirituels jansénistes. — Fermer les livres des doctes et ouvrir l'Évangile. — De l'autorité de saint Augustin

III. Modération de Bonal. — Le tempérament janséniste. — «Ils ne trouvent grand que ce qui est immense.» — «Philosophes tragédiens.» — «Une religion de roman.». — La fable de l'âge d'or. — L'exaltation de l'Église primitive aux dépens de la moderne. — «De tout temps, il y a eu peu de parfaits.» — Prétendue décadence du christianisme. — La «pénitence de belle humeur». — Esprit chimérique des réformateurs. — «Une réformation mitigée.» — Développement et non dégénérescence. — Des deux âges de l'Église et des merveilles de sa vieillesse. — Louange du siècle présent

IV. Le roman de la grâce janséniste. — Conséquences de la théologie inhumaine. — La morale relâchée moins dangereuse que le rigorisme. — Jansénistes et libertins

V. Du salut des infidèles. — Une «créance sauvage». — Des enfants morts sans baptême. — Agar et Ismaël. — La «sobre sagesse» et la sensibilité de Bonal. — Sa théologie de la grâce. — Définition du chrétien

 

CHAPITRE II

YVES DE PARIS — L'HOMME ET L'ÉCRIVAIN

 

I. Comment le P. Yves est‑il aujourd'hui si oublié? — Sa place dans l'histoire de l'humanisme. — Sa naissance. — Ses débuts au barreau. — Qu'il n'avait pas l'esprit juridique. — La vocation religieuse. — Ce qui l'attirait chez les capucins, — Liberté et simplicité de l'Ordre. — Les missions dans les campagnes. — L'activité littéraire du P. Yves

II. Que la contemplation vaut mieux que l'action. — Description de la contemplation. — Ses délices. — La promenade du sage. — Lever de soleil. — Dévotion à la lumière. — Les infiniment petits. — Le musée. — Autres objets de la contemplation du P. Yves. — Les voyages. — Différences entre le contemplateur et le curieux. — Que la contemplation est une vertu. — De la contemplation à l'extase

III. Style du P. Yves. — Les rythmes. — Les images

IV. Le mage. — La philosophie chrétienne et l'astrologie. — Le défi aux étoiles. — L'horoscope des empires. — Le Fatum universi et les prédictions du P. Yves

 

CHAPITRE III

YVES DE PARIS — LA DOCTRINE

Caractères généraux de cette doctrine. — Son orthodoxie. — Son apparence profane

§ 1. — Le meilleur des mondes.

I. Ici‑bas «plus de perfections que de défauts». — «Le bien devance toujours le mal». — Les larmes de l'enfant qui vient de naître. — Que notre plaisir est «sans relâche». — Que nous n'avons d'inclination que pour ce dont nous pouvons avoir la jouissance. — Les scrupuleux. — «Beau mariage entre la nécessité et le plaisir.» — Le fou rire, revanche de l'ordre. — Du rire des pauvres

II. Des «lâches pensées de la misère de l'homme». — Les passions, — Que la vertu est aisée. — «Se persuader aisément des perfections» du prochain. — Bonté des demi‑vertus. — Du sentiment de l'honneur. — De la mode. — La fidélité conjugale en France. — Misères de l'Église

III. Que les défauts de la création concourent à son excellence. — Félix culpa. — Facilité de la conversion. — Victoire de l'Amour

§ 2. — Abus et plans de réformes.

La farce du monde. — Tartufe. — Confréries et cabales. — Des vocations forcées. — Décadence de la noblesse. — Des pages. — Académie gratuite pour l'éducation des enfants nobles, mais pauvres. — Mariages d'argent. — Contre les nourrices mercenaires. — La misère publique et les exactions des gouvernants. — Du sort malheu reux des ouvriers. — Projet d'une caisse syndicale de secours aux ouvriers infirmes

§ 3. — Des Sympathies et de l'Union.

I. La loi des sympathies. — Son origine divine. — Sa fin

II. De l'amitié des domestiques pour leurs maîtres. — Que le riche subsiste «par la miséricorde des pauvres». — Du sexe infirme. — Le mariage et «la mort de la liberté». — Harmonies conjugales

III. De l'amitié «remède général à toutes les infirmités de l'âme». — Du mystère des sympathies et de leur origine divine. — Panégyrique de l'amitié

IV. Des anges guérisseurs. — Les anges, et la «bonne fortune», et la conservation des États. — De l'ange gardien

§ 4. — Dieu sensible au cœur.

I. Que «l'homme a un sentiment naturel de Dieu». — Que cette connaissance de Dieu peut se «comparer à l'attouchement». — Les païens idolâtres, prodigues de ce sentiment. — Que ce sentiment est invincible et inaliénable. — De quel droit mettre un «instinct» au‑dessus de la raison raisonnante? — Que cet instinct est intelligence. — Des trois «portions» de l'âme. — Le sentiment de Dieu «apanage de la partie supérieure». — Rapport entre ce sentiment et la connaissance mystique. — La pointe de l'âme

II. Que «les plus grands docteurs ne sont pas les plus connaissants». — Des humbles et des frères lais. — Infirmités de la raison raisonnante. — De la docte ignorance

§ 5. — De la beauté et de l'amour.

I. L'échelle des beautés. — Attrait de la diversité. — Excellence de l'unité. — Que toute beauté est spirituelle. — Révélation de la beauté. — Des premières flammes de l'amour. — Que la beauté corporelle n'est qu'une ombre de la divine. — Panégyrique de l'Amour

II. Mysticisme personnel du P. Yves. — Ses réserves contre l'exagération des faux mystiques. — Du pur amour. — Vers l'extase. — Le P. Yves, les dangers possibles et la fin de l'humanisme dévot

 

CHAPITRE IV

DE L'HUMANISME AU MYSTICISME

 

I. Que le nom que nous lui donnons soit bien ou mal choisi, l'ensemble des tendances que nous avons appelées humanisme dévot, a prédominé dans le monde religieux pendant la première moitié du xviie siècle. — Importance de ce fait qui explique, en partie du moins, la renaissance mystique de cette même période

II. Affinités entre l'humanisme et le mysticisme. — Tendances mystiques de la Renaissance, — Bembo, Despautère et les philosophes. — Déviations du sens mystique. — L'humanisme chrétien et les mystiques de la Contre‑Réforme

III. La dévotion de l'humanisme dévot et la vie mystique. — Anti‑mysticisme de Port‑Royal. — François de Sales

Appendices. Notes critiques sur Camus

§ 1. L'abbé de Baudry et l'«Esprit du Bienheureux François de Sales»

§ 2. La visitation d'Annecy et Jean‑Pierre Camus

Bibliographie

 

 

 

 

 

Tome II

L'invasion mystique

 

CHAPITRE PREMIER

LE XVIe SIÈCLE, LA TRADITION ET LES RÉSERVES DU MYSTICISME FRANÇAIS

 

I. De la prétendue décadence religieuse du xvie siècle. — Que tous les mystiques dont nous allons parler n'appartiennent pas moins au xvie siècle qu'au xviie. — Chartreux et victorins. — Les Ordres nouveaux. — L'Université de Pont‑à‑Mousson. — Les familles saintes. — Que la mode n'était pas encore aux biographies religieuses. — M. Roussel

II. Comment le xvie siècle mystique prépare le xviie et lui passe le flambeau. — Le Sud‑Ouest. — Jeanne de Lestonnac. — Jean de la Barrière et la réforme des feuillants. — Le comtat Venaissin et la Provence. — César de Bus et son cousin Romillon. — César et la jeunesse dorée de Cavaillon. — Le P. Péquet. — Louis Guyot et Antoinette. — Conversion de César de Bus. — Romillon abjure le calvinisme

III. Débuts apostoliques de César de Bus et de Romillon. — La Contre-réforme et les évêques du Comtat et de Provence. — La «Doctrine chrétienne». — Romillon se sépare de César de Bus. — L'Oratoire provençal

IV. Antoinette d'Avignon et son petit cénacle. — Françoise de Bermond. — Ni le mariage, ni la clôture. — Mlle de Mazan et la règle de sainte Angèle. — Commencements de la congrégation des ursulines

V. Les anciens ordres religieux. — Fermeture du couvent de Sainte‑Praxède. — Philippe d'Arpajon et les dominicaines à Saint‑Jean‑le‑Vieux. — Anne de Monclar et la réforme. — Retour à Sainte‑Praxède. — Importance de cette réforme dans l'histoire religieuse du xviiie siècle

VI. Saint‑Remy et les Rampalle. — Une mission du P. Péquet. — Exode des Rampalle à Avignon. — Une famille de mystiques

 

CHAPITRE II

MARIE DE VALENCE, LE P. COTON ET LA TRÊVE DU ROI

 

§ 1. — Marie de Valence.

I. Dans la plupart des grandes entreprises religieuses du xviie siècle, on découvre l'inspiration d'une femme. — Que ce fait ne doit pas surprendre. — Primauté incontestée de la hiérarchie. — Dextérité féminine. — M. Olier. — La mystique et son directeur. — Première phase de leurs rapports. — Seconde phase. — Maternité spirituelle. — La route de Dammartin. — Marie de Valence, le P. Coton et Henri IV. — Le biographe de Marie. — Louis de la Rivière et Marguerite Chambaud. — Enfance et mariage de Marie. — Mathieu de Pouchelon, notaire et guerrier. — La petite maison de Valence. — Le P. Coton. — Marie et les prédicateurs. — Visites du P. Coton. — Il veut faire venir Marie à Paris. — L'ambassade de Richelieu. — Marie de Valence et M. Olier

II. Vie intérieure de Marie. — De sainte Gertrude à sainte Thérèse. — Châteaux, vergers, jeunes dames. — Le jardin enchanté du Sieur de la Buysse. — Les 360 «interrogats» aux créatures. — Les oiseaux merveilleux. — Les deux processions et le haut dessein. — Plus haut que les images. — Marie de Valence et l'assemblée du clergé de 1651. — Une victime de Port‑Royal

III. Que Marie de Valence n'est pas une exception. — Les mystiques de la foule. — «Nous avons ici dedans un jour». — La bergère de Ponçonas. — Barbe de Compiègne et le P. de Condren. — Un complot contre Louis XIII. — Le grand nombre des mystiques. — Les faux prouvent les vrais. — Nicole Tavernier et Mme Acarie. — Le P. Surin et le coche de Rouen. — C'est Dieu qui fait les mystiques

§ 2. — Le Père Coton et la trêve du Roi.

I. Coton nous appartient tout entier. — Famille d'anti‑ligueurs et d'anti‑jésuites. — Le libéralisme du P. Coton. — Sa douceur naturelle. — Rabelais et les écrivains dévots. — Coton et la controverse protestante. — Style truculent. — Responsio mollis frangit iram. — Aménité et urbanité habituelles du P. Coton controversiste

II. Situation très spéciale du P. Coton à la Cour. — Agent et otage des jésuites. — Politique de Henri IV à l'endroit des jésuites. — Sa méfiance profonde. — Évolution de ses sentiments. — Arrivée de Coton à la Cour. — «Attachement de tendresse». — L'édit de Rouen. — Mécontentement de la cour de Rome et du général des jésuites. — Le point de vue français et les «italiens». — Dangers de la politique romaine. — L'acte héroïque du P. Coton

III. Homme de cour, diplomate et mystique. — Le P. Coton et le P. Joseph. — De la religion de Henri IV. — L'épieikeia et la conscience du roi. — Coton devait‑il laisser la partie? — Son apostolat à la Cour. — Le Théologien dans les conversations avec les gens du monde. — L'Intérieure occupation et la Philothée

IV. La Trêve du Roi. — L'Union sacrée et la renaissance mystique

V. Vie intérieure du P. Coton. — Influence italienne. — Coton et François de Sales. — Sermons. — Méditations. — Les deux étendards. — Le portrait de Lucifer. — Les bons anges. — Archanges et archi‑démons. — Particularités du style pieux à cette époque. — Tendresse et noblesse. — L'Holocauste. — Le pur amour facile à tous. — Les formules du pur amour. — Le pur amour au seuil même de l'enfer. — Magnanimité

VI. Coton et les mystiques de son temps. — Sa carrière d'exorciste. — Adriène Dufresne. — «Personne ne m'a porté plus efficacement à Dieu qu'elle». — La vie mystique de Jeanne‑Marie Coton. — Le P. de La Chaise. — Derniers jours du P. Coton. — Les mystiques de la Compagnie de Jésus et le P. Coton

 

CHAPITRE III

BENOÎT DE CANFELD, LE P. JOSEPH ET LA TRADITION SÉRAPHIQUE

 

I. Les Ordres nouveaux. — Capucins, jésuites. — Contrastes et ressemblances. — La méthode franciscaine et les Exercices spirituels. — Les jésuites et la mystique. — Arrivée des capucins en France. — Que la renaissance religieuse leur doit beaucoup

II. Ange de Joyeuse. — Rencontre du Frère Ange et du cardinal de Joyeuse. — Vocation du comte de Bouchage. — Lettres de Henri III. — De la haire à la cuirasse. — Ange de Joyeuse après la Ligue. — Sommations du P. Benoît de Canfeld. — De la cuirasse à la haire

III. Conversion de Benoît de Canfeld. — Ses premières impressions en France. — Ce qu'il pense de la décadence du catholicisme français. — La Règle de perfection. — Du prétendu quiétisme de Canfeld. — La partie réservée de son livre. — Les garants de Canfeld. — Les Moyens courts

IV. Le frontispice allégorique du livre. — Les outils de la vie active.— Spéculation intellectuelle et vie mystique. — Activité suréminente de la vie mystique. — «Annihilation» des activités inférieures. — Union foncière des deux vies. — La Passion. — «Non dimittam te». — Les disciples de Canfeld

V. Le P. Joseph et Richelieu. — Mystique in partibus infidelium. — L'Introduction à la vie spirituelle et la Règle de Canfeld. — Les aigles séraphiques. — Le «chariot triomphant». — Le P. Joseph et Bossuet. — Éloquence. — Génie allégorique du P. Joseph

VI. Le P. Joseph à l'école de saint Ignace. — Modifications apportées à la tradition franciscaine. — La méthode. — De Manrèse au mont Alverne. — L'oraison du P. Joseph et le jeu des facultés intellectuelles. — La crèche et le berceau de Moyse. — Préludes à l'union mystique. — La mystique proposée aux commençants. — «Toutes les clefs ensemble». — «L'étroite férule de la vie active». — Le P. Joseph et les ennemis de la mystique. — Importance particulière de son témoignage. — Le P. Joseph et François de Sales. — L'union mystique. — Quiétude conquérante du P. Joseph. — «Ô bras plus étendus que tous les cieux!»

VII. Le secret du P. Joseph. — L'agent de Richelieu a‑t‑il pu rester le disciple de Canfeld? — Fondation du Calvaire. — Généalogie de deux clans mystiques, les Longueville et les Gondi. — Le Calvaire et la «modernisation» de l'ordre bénédictin. — Saint François et saint Benoît. — Dévouement du P. Joseph aux Filles du Calvaire. — Ce qu'il a écrit pour elles. — Tristesse, désenchantement de certains de ces écrits. — Les chrétiens et les Turcs. — Encore les aigles séraphiques

 

chapitre IV

MADAME ACARIE ET LE CARMEL