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Roland Breeur
Singularité et sujet. Une lecture phénoménologique de Proust
2-84137-091-7 - 256 p. - 2000 - 28,97 €
Comment le peintre ou le poète, demande Merleau-Ponty, seraient-ils autre chose que leur rencontre avec le monde ? Certes, ils ne sont rien de plus. Mais ne sont-ils pas moins que cela ? Le poète ne serait-il pas plutôt lexpression de lépreuve davoir dentrée raté ce monde, comme Marcel dira davoir dentrée raté Gilberte ou Albertine ?
Il y a en effet quelque chose qui trouble la complicité qui lie le sujet au monde. Au sein de la réversibilité qui conditionne notre rapport au monde ou à lÊtre, quelque chose insiste qui ne contribue pas à lapprofondissement de ce rapport. Ce quelque chose sexcepte du mouvement selon lequel le sujet répond aux sollicitations venant du monde : il sagit dun noyau sourd et muet, sourd parce quil nentend rien, muet parce quil ne donne rien à entendre. Il ne sinscrit pas dans lordre dêtre que je découvre et par là me rend étranger au monde qui me regarde. Ce noyau, cest la singularité.
Comment cette singularité, qui semble fortement déterminer les descriptions proustiennes du sujet, saffirme-t-elle ? Il semble quil y ait bel et bien un « solipsisme » chez Proust, au sens où le contact avec le monde est lui-même alourdi dun rapport à quelque chose en moi qui ne se répand pas dans ce contact, misolant dès lors du monde et dautrui. Décrire ce « solipsisme » selon lequel tout rapport au monde et à lÊtre semblent demblée singularisés, voilà lenjeu de cet ouvrage.
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