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Jean-Luc Lannoy
Langage, perception, mouvement
Blanchot et Merleau-Ponty
2-84137-231-7 - 352 p. - 16/24 - 2008 - à paraître en avril 2008
Percevoir et dire. Entre ces deux dimensionnels de lexistence, les rapports sont multiples et ne cessent, en cette pluralité, dhabiter et de façonner la relation au monde, à autrui et à soi. Comment penser leur interdépendance et leur différenciation critique ? Comment louverture et léchappée perceptives paraissent-elles, dans une certaine mesure, saccomplir comme hors langage ? Et quen est-il de ce bouleversement que la parole introduit, selon aussi son versant plus obscur, dans le champ perceptif et sensible ? Inscrite dans le terme même de phénoménologie, cette question du rapport entre perception et langage est développée plus particulièrement à partir dune lecture, parfois très contrastée, des uvres de Blanchot et de Merleau-Ponty. Quen est-il de cette différence et de cette divergence entre, dune part, lespacement sans monde de lerrance cet espace daltérité et détrangeté qui hante lexpérience et, dautre part, la spatialisation et la chair du monde que découvrent linterrogation perceptive et lexpression ? Outre cet « entretien infini » entre Blanchot et Merleau-Ponty, loriginalité de cet ouvrage réside aussi dans la tentative dinterroger ces rapports pluriels entre perception et langage à travers lélaboration dune phénoménologie du mouvement selon diverses modalités : du geste à la marche, de limmobilité à la mobilité potentielle, de lascension à la chute Comment le dimensionnel du geste vient-il, par exemple, infléchir la dynamique du rapport entre percevoir et dire ? Parmi ces diverses modalités du mouvement, où se dessine à chaque fois un lien différent à la genèse et aux potentialités du dire, se trouve cependant ici privilégié le mouvement basal et spatialisant de la marche. Mais aussi, selon un contraste critique, celui dune errance indéfinie, et comme sans fond, dans des régions frontières qui ne sont pas sans mettre à lépreuve jusquà la teneur intime et la portée dévoilante du mouvement. Si ce nétait peut-être sa formulation ontologique, sappliquerait, quant à cette énigmatique différence, le propos de Patocka selon lequel « le mouvement serait ici le moyen terme entre les deux manières fondamentales dont lêtre découvre létant. »
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