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Philippe Moreau [textes réunis par]
Corps romains
2-84137-126-3 - 336 p. - 13/21 - 25,90 €
Dans la Rome antique comme dans les autres cultures, le corps nest pas une donnée naturelle mais une construction culturelle. Lanthropologie des corps romains est loccasion de constater combien nous sommes culturellement séparés de ceux que nous tiendrions trop vite pour nos semblables. Nous apprenons ici que les Romains nont pas de coude, que la castration des hommes les engage dans une sexualité excessive ou encore que lenfant romain est nourri du lait de son père. Medium de la communication sociale, ces corps sont aussi le support de signes; les soldats romains portent leurs décorations gravées à même la peau de leur poitrine : les cicatrices des blessures reçues en combattant de face, lennemi ; inversement lesclave exhibe sur son dos les marques de son ignominie, les traces du fouet. Les traitements du corps romain relèvent aussi dune raison symbolique, que ce soit la médecine ou la cosmétique. Le corps médicalisé est lassemblage monstrueux de membres et parties qui sont chacun défini comme le siège dune maladie. Le fard qui recouvre les visages des femmes, des morts et du général triomphant, crée des masques qui sont la vérité de leurs visages. Ainsi la face blafarde des femmes enduite de pâte montre ce que doit la visibilité dun genre à lartifice. La féminité na pas un visage naturel, elle doit être peinte sur cet enduit dont la blancheur renvoie à un enfermement, symbolique et non réel, des femmes, il ny pas de gynécée à Rome. Enfin le corps humain, défini comme un assemblage de membres, peut nêtre plus quun opérateur intellectuel. Ainsi le corps démembré du fondateur, Romulus, permet de penser les pouvoirs dune institution centrale de la Res publica, le sénat.
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